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Emil Gilels, piano

Gilels

Emil Gilels naît le 19 octobre 1916 à Odessa, dans le quartier pauvre Moldavanka. À l’âge de 2 ans, Emil pose ses mains sur le clavier du piano de l’appartement de ses parents et écoute soigneusement les sons qui en émanent. À 5 ans, il est présenté à Yakov Tkach, un célèbre professeur de piano d’Odessa. Il devient rapidement évident que le jeune garçon possède des qualités musicales exceptionnelles.

Au début des années 1930, Gilels est présenté à Arthur Rubinstein, qui qualifie le jeu du jeune pianiste de "stupéfiant" et s’empresse de prédire que si Gilels devait venir aux Etats-Unis, il éclipserait tout le monde, y compris lui-même.

En 1933, après avoir obtenu à l’unanimité le premier prix du 1er concours des musiciens interprètes d’URSS à Moscou, sa notoriété s’étend dans toute l’Union Soviétique. Liza, sa jeune sœur violoniste, participe au même concours et Josef Staline lui-même fera l’éloge de ce frère et de cette sœur si remarquablement talentueux.

En 1938, Gilels remporte le premier prix au Concours International de Bruxelles (connu aujourd’hui sous le nom de Concours de la Reine Elisabeth), succédant ainsi aux victoires des violonistes soviétiques, menés par David Oïstrakh deux ans plus tôt, et faisant triompher à son tour l’Union Soviétique. Le monde musical tout entier évoque maintenant Gilels et Rachmaninov se charge même de lui faire parvenir sa médaille et son diplôme !

A l'issue de la guerre, Gilels est investi d'une mission particulière : représenter l'Art de son pays victorieux. Sa tâche n'est pas facile : ce n'est pas sous les meilleurs auspices que l'on accueille un pianiste soviétique, "symbole du socialisme". Mais c'est à chaque fois sous des ovations sans équivoque qu'il sort de scène. En 1955, il devint le premier artiste soviétique, depuis la Seconde Guerre mondiale, à se produire en tournée à travers les États-Unis.

En plus de ses prestigieux récitals et concerts à travers le monde, Gilels joue en musique de chambre : avec sa fille Elena Gilels, sa sœur Elizaveta Gilels, Dmitri Tziganov, Leonid Kogan; avec le Quatuor Beethoven; au sein de son propre trio (Gilels, Kogan, Rostropovitch). À l'étranger, il collabore avec le Quatuor Amadeus et le Quatuor Sibelius Academy.

Gilels collabore également avec de nombreux chefs d'orchestre dont Otto Klemperer, Eugène Ormandy, Leonard Bernstein, Herbert von Karajan, Riccardo Muti, George Szell, Lorin Maazel, Kurt Masur, Georg Solti, Igor Markevich, Wolfgang Sawallisch, André Cluytens, Fritz Reiner, Karl Böhm, Leopold Ludwig, Eugen Jochum, Franz Konwitschny, Erich Leinsdorf, Seiji Ozawa, Malcolm Sargent et Zubin Mehta.

Après une dernière apparition sur scène, le 12 septembre 1985 à Helsinki, Il meurt le 14 octobre 1985.

Le nom d'Emil Gilels résonne dans les mémoires comme celui d'un immense pianiste. Comprendre la portée de son œuvre et être en mesure d’apprécier la noblesse de son jeu pianistique est essentiel pour toutes les générations, présentes et futures.